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Une Assistante Sociale Particulière

Une Assistante Sociale Particulière

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    • Assistante Sociale : Mythes et Réalités
    • Les fonctions variées de l’assistante sociale dans la société
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Les fonctions variées de l’assistante sociale dans la société

L’accompagnement de l’assistante sociale

La profession d’assistante sociale pâtit d’une image négative, cantonnée à des tâches administratives, le remplissage de documents, la gestion des papiers. On nous voit assis derrière un bureau, avec des piles de dossiers devant nous, et de plus en plus devant notre ordinateur. Cela se voit beaucoup lors des journée portes ouvertes auxquelles je participe en tant que professionnelle ; des étudiants me disent hésiter entre éducateur spécialisé et assistante sociale à cause de la charge administrative. 😀

Photo de Pavel Danilyuk sur Pexels.com

Si l’administratif représente effectivement une grande partie de notre activité, il ne vient qu’en soutien à une action plus large auprès des personnes que nous accompagnons et dans les services dans lesquels nous intervenons.

Alors, qu’est-ce qui différentie une assistante sociale d’un médiateur social ou d’un agent administratif ?

L’assistante sociale a généralement les missions qui correspondent à son lieu d’intervention. Ainsi elle peut être amenée à contribuer à la lutte contre les exclusions, la protection de l’enfance et des personnes vulnérables, la prévention de l’expulsion locative, l’accès aux droits sociaux au sens large (santé, ressources, logements, etc.), et de façon générale, elle contribue à l’autonomisation des personnes accompagnées, en s’appuyant sur des notions telles que la participation ou encore le développement du pouvoir d’agir (DPA). Indépendamment des missions, l’assistante sociale assume presque toujours les mêmes fonctions, il convient ici de revenir sur les fonctions de l’assistante sociale telles qu’elles sont définies par le décret du 22 août 2018.

Accueil et écoute des personnes

Photo de fauxels sur Pexels.com

Ce sont les toutes premières fonctions qui nous sont confiées ; les personnes trouvent ainsi une oreille attentive, disposée à les écouter de manière active, pas simplement pour le plaisir de bavarder, mais bien en vue de déposer des choses et éventuellement y trouver des solutions. Dans une société où les personnes sont souvent renvoyées à l’internet, trouver un interlocuteur physique avec lequel parler de ses difficultés en toute confidentialité, constitue déjà en soi une étape vers la résolution.

Evaluation, conseil et orientation

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Nous n’écoutons pas pour le simple plaisir de le faire, en même temps que la personne nous parle, nous analysons sa situation et nous posons une évaluation qui consiste à savoir ce qu’il convient de faire dans la situation présente, auprès de qui et avec quels résultats escomptés. Pour cela nous tenons compte de différents éléments et nous recueillons les informations pertinentes (situation familiales, administrative, professionnelle, financière, locative, etc.). Nous établissons un diagnostic de la situation que nous partageons avec la personne et ensuite nous proposons un plan d’aide qui est négocié avec la personne car il doit reposer sur les capacités de la personne avec notre appui. Nous donnons des conseils en vue de répondre aux besoins de la personne et nous l’orientons vers les services, et ou professionnels qui peuvent l’aider à avancer dans ses difficultés.

Accompagnement social individuel (ASI)

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L’accompagnement de l’assistante sociale se fait essentiellement à une échelle individuelle, même si dans une approche systémique, c’est l’ensemble de l’environnement de la personne qui est pris en compte car il existe forcément des interactions entre les individus, avec un impact sur la situation. L’accompagnement individuel suit plusieurs étapes :

  • Le recueil des données
  • L’analyse des données
  • Le diagnostic
  • Le plan d’aide négocié
  • L’évaluation

Cette dernière étape intervient en réalité tout au long de l’accompagnement car avec une évaluation régulière, on peut vérifier si le plan d’aide est en adéquation avec la personne, ou bien s’il faut l’ajuster. Dans le processus d’accompagnement, qui n’est pas linéaire mais plutôt itératif (on peut revenir à l’étape précédente, pour repartir et ainsi de suite), l’assistante sociale mobilise sa connaissance des problèmes sociaux que les personnes peuvent rencontrer, ses connaissances en psychologie, en politiques sociales et des dispositifs, de son territoire d’intervention aussi. Tous ces éléments vont permettre de sélectionner les informations les plus pertinentes soit pour intervenir soi-même, soit pour orienter. La finalité d’un accompagnement individuel est de permettre à la personne de retrouver sa capacité à agir par elle-même en cas de survenance d’un nouveau problème, lui faire prendre conscience de ses potentialités et des ressources qu’elle peut mobiliser à l’avenir.

Accompagnement social collectif (ISIC)

Photo de fauxels sur Pexels.com

En fonction du lieu d’exercice, l’accompagnement individuel permet souvent de repérer des problématiques récurrentes et communes à plusieurs personnes. La décision de travailler sur un thème de manière collective peut également provenir d’une demande institutionnelle. Dans cette configuration, l’étape préalable consiste à réaliser un diagnostic partagé avec la définition d’une population cible, l’élaboration d’une problématique, l’enquête auprès des personnes ciblées, des professionnels et tout autre acteur concerné par la problématique. L’accompagnement collectif suit ainsi plusieurs phases :

  • L’analyse de la commande
  • La définition de la problématique
  • Le recueil de données
  • L’analyse des données
  • La mise en avant des potentialités et des freins du groupe sur son territoire
  • Le diagnostic partagé
  • La proposition de pistes d’action
  • La conduite des actions retenues par les personnes concernées
  • L’évaluation

Comme pour l’accompagnement individuel, le processus est itératif, avec la possibilité de revenir à l’étape précédente pour affiner les besoins.

Au cœur de l’accompagnement de l’assistante sociale, il y a la participation des personnes concernées. Cette notion est centrale et un accompagnement dans lequel la personne n’a pas participé a peu de chance de réussir.

Conseil au développement des politiques sociales et territoriales

Photo de AS Photography sur Pexels.com

L’assistante sociale, comme tous les travailleurs sociaux, intervient sur un territoire donné, elle est au plus près des populations et son action est encadrée par les politiques sociales. À ce titre, pour se maintenir informée, un travail de veille sociale est nécessaire ; ainsi, l’assistante sociale est amenée à se documenter sur l’évolution des lois et des dispositifs. La proximité de ce professionnel avec les populations et les territoires lui confère une expertise des difficultés qu’elle fait ensuite remonter auprès d’instances telles que les comités locaux du travail social, les commissions locales municipales ou départementales où sont discutées les priorités en matière de développement social. La réalisation de diagnostics territoriaux permet également de partager cette expertise des problématiques sociales. Pour cela, un travail avec tous les partenaires du territoire est primordial, le réseau de l’assistante sociale est également un atout pour permettre l’accompagnement global des personnes.  

L’assistante sociale participe également à la formation des futurs professionnels en accueillant des stagiaires, en assurant des modules de formation en instituts du travail social.

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Comme on peut le voir, l’activité de l’assistante sociale est très variée et touche de nombreux champs qui tournent tous autour de l’accompagnement des personnes et l’amélioration des politiques sociales, nous sommes donc loin de l’image de départ de « gratte papiers ». Je ne dis pas que tous les professionnels de ce métier s’investissent dans toutes les fonctions de manière égale, mais la profession en elle-même comporte des éléments qui vont au-delà du simple accompagnement administratif et qui ont un impact bien plus grand que l’accomplissement d’une démarche administrative.

Anticiper La Reprise Du Travail Après Un arrêt Maladie Long

« Ils m’ont mis au placard ! »

Photo de Timur Weber sur Pexels.com

Yann travaille dans le bâtiment, il a trente ans de métier et son corps commence à crier. Comme il n’est pas du genre à se plaindre et s’arrêter pour un rien, Yann a ignoré les signaux que son dos lui envoyait. Un jour en soulevant un sac de ciment, il n’a plus pu se lever. Plusieurs mois d’arrêt, des opérations, la reprise ne pourra se faire qu’à temps partiel et avec des aménagements : pas de port de charge de plus de dix kilos, pas de travail en hauteur, pas d’extensions, pas de position à genoux prolongée. Yann aime son métier et veut continuer à travailler. Il revient au travail, mais voilà l’équipe s’est réorganisée en son absence. On ne sait pas quoi lui confier comme tâche et on lui assigne de menues actions qui ne sollicitent pas son dos. Yann dit qu’il se sent « inutile », on lui a « pris son travail », on lui « adresse à peine la parole », on l’a « mis au placard ». Découragé et déçu, il envisage une mutation ou une démission.

Le cas de Yann est loin d’être isolé et ce type de situation est souvent rapporté par des salariés à leur retour après une absence prolongée pour maladie. C’est très triste.

Les arrêts maladies à répétition ou prolongés sont une contrainte pour les équipes et pour l’employeur, c’est certain. Cela demande une réorganisation des fonctionnements, une redistribution des tâches, surtout lorsque la durée de l’absence est inconnue, ou qu’un remplacement n’est pas prévu.

Le risque principal pour les employés restant est une surcharge de travail à laquelle il convient de veiller, pour éviter de dégrader les conditions de travail, voire entraîner des arrêts chez d’autres personnes.

Photo de Sebastian Su00f8rensen sur Pexels.com

A leur retour de congé prolongé, nombreux sont les salariés qui ont le sentiment d’avoir été remplacés, de ne pas être attendus. Les premiers temps, ils sont un peu désœuvrés, au sens propre, ils ne savent pas quoi faire, leurs tâches ayant été redistribuées. Les équipes se sont habituées à faire « sans » la personne et peuvent parfois faire preuve d’hyper compassion (selon la pathologie), en voulant ménager le collègue pour ne pas le fatiguer. Ils peuvent aussi au contraire faire comme si la personne n’était pas partie, ne pas tenir compte de sa fatigabilité éventuelle et du besoin de s’organiser autrement. En effet, la reprise peut parfois s’accompagner d’aménagements nécessaires à une remobilisation douce de l’employé, et les collègues ne sont pas forcément au courant de cela. 

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La reprise du travail après un arrêt long est un moment qui doit être préparé avec précaution pour s’assurer que cela se passe bien pour tous les collaborateurs. Pour cela plusieurs petites choses peuvent être faites :

  • Prendre des nouvelles de la personne pendant l’arrêt maladie, soit en l’appelant, soit en lui envoyant un courrier. Beaucoup d’employeurs et de salariés croient encore qu’il est interdit de contacter un salarié pendant son arrêt. Or, cette marque d’attention peut changer beaucoup de choses et permettre à la personne de se sentir considérée. Combien de fois ai-je entendu « personne n’a pris de mes nouvelles, après 17 ans de boîte!« 
  • Préparer le retour de l’employé (cela est possible si le lien est gardé pendant l’arrêt), en prévenant les équipes.
  • Recevoir l’employé le jour du retour, ne serait-ce que trente minutes, pour savoir comment il se sent, de quoi il a besoin pour reprendre sereinement.
  • Prévoir du travail pour une reprise douce, peut-être qu’une réunion d’équipe peut être organisée ce jour-là pour permettre à celui qui reprend de se mettre à jour des actualités de l’entreprise.

Il me semble que ces petites choses, aussi infimes qu’elles puissent paraître peuvent changer l’ambiance dans une équipe.

Cette prestation peut être rendue par le service des ressources humaines. Il est aussi possible de recourir au service social rattaché à la médecine du travail à laquelle l’employeur cotise, ou bien passer par un service social externalisé. Lorsqu’il y a un service social dédié aux employés de l’entreprise, son rôle est aussi celui du maintien de ce lien et la facilitation de la reprise. Le service social se met à la disposition du salarié pour l’informer de ses droits pendant l’arrêt, les possibilités de reprise, d’aménagements de poste éventuels, la reconversion, l’invalidité, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, etc. Pensez-y, cela peut vous faire gagner du temps et le lien social, c’est notre job 😉

Comprendre le handicap et son évolution en France

Le Handicap

Qu’est-ce que c’est ? Mot apparu au 19e siècle et emprunté de l’anglais « hand in cap » qui signifie main dans le chapeau pour désigner une pratique qui prévoyait, en situation de troc, que celui qui avait le plus gros avantage, mette la main dans le chapeau pour y déposer une somme d’argent, en compensation de sa bonne fortune et dédommager l’autre.

Progressivement le mot est entré dans le monde du sport pour désigner une difficulté supplémentaire attribuée au candidat le mieux côté. C’est en 1920 que le mot est entré dans le dictionnaire français pour désigner un état d’infériorité.

De l’exclusion, la ségrégation à l’intégration, puis l’inclusion

Il y a assez peu de lois qui encadrent le handicap. Les prémices de cette législation remontent à la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail. Cela s’explique probablement par le regard qui était alors porté sur le handicap dans la société. En effet, il y a longtemps eu une confusion entre le handicap, la pauvreté, la mendicité et la pratique courante était l’exclusion les personnes handicapées, par peur d’être contaminé. La première guerre mondiale a engendré 1.5 millions de blessés de guerre, en les voyant, on a commencé à parler d’infirmité pour les désigner. L’idée est celle de la réparation, de la responsabilité collective avec la mise en place d’aides à la réinsertion. Dès lors on entre dans une conception médicalisée du handicap, avec une prise en charge dans des services spécialisés, dans une logique de ségrégation. La personne handicapée est toujours perçue comme étant inadaptée à son environnement, elle doit être réadaptée. De cette période est issue la loi du 2 janvier 1918 créant l’Office national des anciens combattants (ONAC).

En l’absence de moyens de subsistances pour ceux qui ont servi la patrie, une réflexion s’oriente vers l’emploi des mutilés de guerre qui est rendu obligatoire par la loi du 26 avril 1924. La loi du 29 novembre 1953 crée les commissions départementales d’orientation des infirmes, toujours dans le milieu professionnel. La notion de déficience est mise en avant, avec des lois comme celle du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées. Cette loi crée la Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel (COTOREP), avec la mise en place d’équipes de préparation et de suite au reclassement (EPSR) qui ont vocation à aider les personnes handicapées à trouver un emploi. Mais cette démarche d’intégration n’est pas aisée car les mentalités restent fermées. 

A partir du milieu des années 1980, un nouveau changement de regard s’opère, les personnes handicapées sont perçues comme étant en désavantage pour remplir leur rôle dans la société. On prend alors conscience qu’elles font partie intégrante de celle-ci et qu’elles doivent pouvoir jouir des mêmes droits que tous. C’est dans ce contexte qu’interviendra la loi du 10 juillet 1987 rendant obligatoire l’emploi de 6% de personnes handicapées pour les entreprises de 20 salariés et plus, cette loi crée aussi l’AGEFIPH (association de gestion du fonds d’investissement pour les personnes handicapées).

Les lois sont souvent le reflet de l’évolution des mentalités et le législateur va rarement plus vite que ces dernières. C’est ainsi qu’il faudra attendre les années 2000 pour que le débat s’oriente vers la compensation du handicap, pour favoriser l’égalité des chances. L’idée nouvelle est que ce n’est pas la personne handicapée qui doit s’adapter à l’environnement, mais c’est à l’environnement de favoriser la vie des personnes handicapées en adaptant les dispositifs, en ouvrant ce que l’on appelle le milieu ordinaire aux personnes handicapées. On parle désormais d’inclusion. Ces idées sont reprises dans la loi du 11 février 2005 dont les principaux axes sont la création d’un droit à la compensation du handicap (allocations pour enfants et adultes handicapés, prestations de compensation du handicap) ; l’inclusion scolaire des jeunes handicapés ; le renforcement de l’accessibilité avec des mises aux normes des bâtiments accueillant du public ; le renforcement de l’obligation d’emploi ; la création des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), devenue Maison De l’Autonomie (MDA) et de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

Une définition et des catégories du handicap

La loi de 2005 propose également une définition du handicap qui englobe les nombreuses situations rencontrées. Ainsi, d’après l’article L114 de cette loi :

« constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

On voit bien comment cette définition élargit le nombre de personnes pouvant être reconnue handicapées, et par conséquent, soulève la difficulté de continuer à fonctionner avec une approche centrée sur les établissements spécialisés, d’autant plus qu’un manque de places dans ces dispositifs se fait de plus en plus criant. L’accent est davantage mis sur les conséquences du handicap que sur le handicap lui-même. Et c’est cet impact sur la vie quotidienne, l’emploi de la personne qui devra être compensé.

De cette définition découle habituellement six types de handicaps :

Le handicap moteur (le plus visible, avec le handicap visuel) ; le handicap auditif ; le handicap psychique ; la déficience intellectuelle et les maladies invalidantes.

S’il est assez facile de reconnaître le handicap visible (bien que cela ne soit pas garanti), il est beaucoup plus difficile de faire admettre et faire connaître le handicap invisible qui concerne pourtant 80% des handicaps !

Hormis ces catégories communément admises, d’autres formes de handicaps peuvent être rencontrées telles que les allergies, le bégaiement, les séquelles esthétiques suite à un accident, l’obésité, la très grande ou la très petite taille, à cela on peut ajouter le handicap cognitif qui n’est lié ni à un trouble mental, ni à un trouble psychique, mais résulte d’un accident traumatique ou du vieillissement, par exemple. Dans tous les cas, les personnes qui en sont atteintes sont invalidées dans leur vie quotidienne et rencontrent des difficultés au travail notamment.

Le handicap reconnu concerne environ 2.4 millions de français entre 15 et 64 ans. De plus, 12 millions de personnes déclarent avoir un problème de santé durable. Cependant, le nombre de personnes pouvant être reconnues handicapées est sûrement plus important, mais le handicap continue de pâtir d’une image négative. En effet, lorsqu’une personne est confrontée à son propre handicap ou bien à celui d’un proche, un travail de deuil, de réadaptation psychologique et comportemental est nécessaire pour parvenir à intégrer ce nouvel état des choses. Beaucoup de personnes restent longtemps dans le déni, ce qui peut retarder la prise en charge qui aurait pour effet de ralentir voire de stopper les difficultés. Une prise en compte précoce du handicap comme pour tous les problèmes de santé, peut donner accès à un accompagnement adapté plus rapidement, et augmenter les chances de remédiation.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de se faire accompagner par des professionnels et de changer le regard porté sur le handicap. Depuis la loi de 2005, plusieurs catégories de personnes bénéficient du statut de travailleur handicapés.

Il s’agit :

  • Des personnes détentrices de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) délivrée par la CDAPH.
  • Des victimes des accidents du travail avec un taux d’IPP d’au moins 10% (cpam)
  • Des titulaires d’une pension civile d’invalidité (CPAM)
  • Des titulaires d’une pension militaire d’invalidité (ministère de la défense)
  • Des titulaires d’une carte d’invalidité ou carte mobilité inclusion mention « invalidité » (MDA)
  • Des bénéficiaires de l’allocation d’adultes handicapés (AAH)
  •  Des agents e le FPT ayant été reclassés.
  • Des agents en période de préparation au reclassement.
  • Des agents bénéficiant d’une allocation temporaire d’invalidité (CNRACL).

Le dossier MDA

Pour obtenir la reconnaissance du statut de personnes en situation de handicap, il faut faire la demande auprès des services dédiés. En dehors des situations particulières de l’invalidité, du reclassement et des accidents du travail, la reconnaissance du statut de personnes handicapée s’obtient en déposant un dossier auprès de la MDA du département de résidence. Ce dossier est téléchargeable sur le site du département, de plus en plu de département ont mis en place la dématérialisation des demandes. Le dossier se compose de deux volets :

Le volet administratif composé de 20 pages qui détaillent tous les aspects de la vie de la personne, sa vie quotidienne, scolaire, professionnelle, les aidants familiaux s’il y en a. Tout le monde n’est pas concerné par toutes les parties de ce dossier. L’objectif est de permettre à la commission de voir concrètement l’impact du handicap sur la vie quotidienne de la personne. Il convient donc de bien spécifier l’étendue des difficultés, surtout lorsque vous souhaitez demander des aides comme le PCH pour votre enfant, il faut bien détailler ses besoins en matière d’assistance. Ce qui est bien c’est qu’il est possible de joindre tous les justificatifs nécessaires, et d’exprimer ses difficultés sur papier libre en complément de l’espace prévu dans le dossier. Je conseille souvent aux famille de joindre la description d’une journée type avec l’enfant, du lever au couché. Si vous faites recours à des services libéraux, mettez des chiffres en matière de coûts non pris en charge. Ainsi, vous permettrez à la commission de faire une proposition au plus prêt des besoins réels.

Le volet administratif peut être rempli par la personne elle-même ou bien par un proche, mais généralement les personnes et les familles trouvent souvent du réconfort dans le fait de se faire accompagner par un travailleur social qui pourra aider à identifier les besoins avec précision, et aussi rédiger une évaluation sociale pour soutenir la demande.

Le volet médical est composé de 8 pages. Il doit être rempli par le médecin traitant ou le médecin spécialiste si celui-ci connaît mieux le patient. Tous les documents qui peuvent aider la commission à prendre une décision doivent être joints. Là aussi, le médecin doit faire ressortir l’impact du handicap sur le quotidien de la personne et ses capacités à réaliser les actes.  

C’est grâce à ces différents éléments que le taux d’incapacité à travailler sera évalué.

En cas de refus d’une demande, des indications sur les voies de recours sont données, il ne faut pas hésiter à faire un recours, en apportant tout complément d’informations.

Qu’est-ce qui peut être demandé avec le dossier MDA ?

La commission étudiera la demande qui peut consister en plusieurs demandes :

  • L’aide à la mobilité (carte mobilité inclusion, carte stationnement, aides techniques pour adapter le véhicule personnel).
  • Les aides financières pour remplacer la réduction de la capacité de travail ou pour compenser les dépenses liées au handicap et non remboursées par ailleurs.
  • L’orientation en établissement scolaires ou dans des services d’aide par le travail (IME, SESSAD, SAMSAH, ESAT, etc.).
  • L’orientation vers des hébergements spécialisés et adaptés (foyer de vie, FAM).
  • La RQTH.

Il existe donc plusieurs manières de compenser le handicap, et cela passe par l’identification des souhaits et des besoins de la personne. L’assistante sociale scolaire, du secteur, du personnel peuvent vous aider à définir ces besoins et vous aider dans la complétude du dossier.

Assistante Sociale : Mythes et Réalités

A quoi sert une assistante sociale ?

En général les personnes pensent à l’assistante sociale quand elles ont des difficultés financières. D’ailleurs cette image du travailleur social qui donne de l’argent aux pauvres est assez répandue, couplée à celle de « voleuse d’enfants ». Vu comme cela, je comprends qu’on n’ait pas très envie d’aller en voir une. Encore plus si on ne se considère pas comme « pauvre » ou si on veut garder ses enfants. Il y a aussi l’image de « la dame des papiers » que j’avais entendue dans un collège. Une autre image c’est que l’assistante sociale c’est pour « les cassos » (Terme péjoratif en général qui désigne des personnes réputées vivre aux crochets de la société sans fournir d’efforts pour sortir de cette situation), et il est clair que c’est une case dans laquelle personne n’a envie d’être rangé.

Une image peu glorieuse et qui ne donne pas très envie, alors je propose de voir un peu en quoi consiste vraiment ce métier et à qui il s’adresse.

L’assistante sociale est un travailleur social, c’est dans ce champ que son action s’inscrit. Une définition du travail social inscrite dans le Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF), a été donnée par un décret du 6 mai 2017 qui stipule que :

 « Le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté. Dans un but d’émancipation, d’accès à l’autonomie, de protection et de participation des personnes, le travail social contribue à promouvoir, par des approches individuelles et collectives, le changement social, le développement social et la cohésion de la société. Il participe au développement des capacités des personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement. » Elle se poursuit en développant les disciplines auxquelles le travail social se rattache et les principes généraux qui gouvernent l’intervention sociale.

Voyons les points qui me paraissent importants à souligner dans cette définition. D’ores et déjà, on perçoit le décalage entre la perception sociétale habituelle et l’ambition que nous nous donnons.

  • « Faciliter l’accès aux droits fondamentaux », de quoi parle-t-on ?

Le droit français définit une série de droits et libertés des personnes qui peuvent être classés en différentes catégories. (Source : viepublique.fr)

  • Les droits inhérents à la personne humaine : l’égalité (des sexes, devant la loi, la justice, l’accès à la culture, …) ; la liberté (d’opinion, d’expression, de culte, syndicale, le droit de grève, …) ; la sûreté la résistance à l’oppression (présomption d’innocence, interdiction de tout arbitraire, respect des droits de la défense, protection des libertés individuelles par la justice, …).
  • Les droits sociaux et économiques : droit à l’emploi, à la protection de la santé, à la gratuité de l’enseignement public…
  • Les droits dits « pour » : le droit de chacun de « vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».

Pour faire simple, tout le monde jouit de ces droits dès la naissance, et même dès la conception. L’assistante sociale, comme les autres travailleurs sociaux a donc pour mission de faciliter l’accès de tout le monde à ces droits, et ce dès le plus jeune âge.

  • « Faciliter l’insertion sociale et l’exercice de la pleine citoyenneté », cela signifie quoi ?

Cela signifie permettre à chaque personne de pouvoir trouver une place dans la société. Cette insertion sociale passe par plusieurs volets qui sont l’emploi, la santé, le logement, la citoyenneté (vote). En principe, on estime qu’une personne qui ne jouit pas de ces éléments dans notre société est « exclue », à la marge, et il existe donc plusieurs leviers permettant la réinsertion en passant par un des aspects ou par plusieurs en même temps. Certaines personnes sont plus loin de l’insertion que d’autres et le processus d’insertion ou de réinsertion peut prendre du temps.

  • « Développer des capacités des personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement », ça consiste en quoi ?

Pendant longtemps, la vision de l’aide sociale était de considérer les personnes sous l’angle de leurs manques qu’il convient de combler. Depuis une vingtaine d’année, les personnes sont remises au centre de l’intervention, elles sont actrices de leur vie et pour cela un changement de posture est requis. Malgré les difficultés, toute personne dispose de ressources internes et dans son entourage pour trouver des solutions à ses problèmes. Pour pouvoir agir, deux mouvements sont nécessaires : il faut que les professionnels, mais aussi les personnes accompagnées, changent de perception de ce qu’est l’accompagnement social ; mais cela passe aussi par le fait de lever un certain nombre de freins que les personnes peuvent rencontrer. C’est là essentiellement le rôle du travailleur social : lever les obstacles pour que la personne puisse avancer dans un terrain plus propice à l’action. La levée des obstacles passe par l’écoute attentive et authentique de la personne, la médiation auprès des institutions, l’aide dans la réalisation des démarches pour accéder aux droits.

  • La finalité serait « émancipation, autonomie, protection et participation. »

Le but d’une intervention sociale n’est pas d’entretenir une dépendance des personnes accompagnées. Notre rôle en tant que travailleurs sociaux est de permettre aux personnes de retrouver de la dignité, de l’énergie pour avancer dans la vie. Cela ne signifie pas qu’ils n’auront plus jamais besoin d’aide mais notre intervention a vocation à être temporaire, passagère. Il ne s’agit pas de se substituer à la personne pour faire les choses, mais de lui donner toutes les informations nécessaires à la compréhension des lois, des dispositifs et apporter, pourquoi pas, des compétences pour réussir à faire les démarches par soi-même.

A quelle population s’adresse-t-elle ?

L’assistante sociale s’adresse à toute sorte de population, de l’enfance à la vieillesse, des personnes actives aux personnes inactives, insérées ou non. La mission principale de l’assistante sociale est la protection des personnes et des enfants en particulier. Quel que soit son lieu d’exercice, cette mission prévaut sur les autres. C’est pour cela que nous avons l’obligation légale de signaler toute situation de danger concernant un enfant ou une personne majeur vulnérable.

Généralement les personnes qui fréquentent les services sociaux sont en situation de précarité, c’est pour cela qu’un grand nombre de personnes ne se reconnaissent pas dans ce profil et ne se sentent pas concernées par le service social.

Pourtant, l’intervention d’une assistante sociale permet d’éviter d’en arriver à la précarité. En effet, plusieurs mesures peuvent être prises de manière préventive pour éviter l’accumulation de dettes, l’expulsion locative, la dégradation du climat familial, menant à des ruptures familiales. Grâce à des techniques d’écoute, d’aide à la prise de décision, la connaissance des dispositifs et des lois, les difficultés peuvent souvent être évitées.

Pourquoi y-a-t-il des personnes qui ont l’impression que « l’assistante sociale ne sert à rien » ?

J’entends souvent des personnes dire que « l’assistante sociale ne fait rien », et qu’elle « ne sert à rien ». Il y a aussi des personnes qui sont très reconnaissantes de l’aide apportée par une assistante sociale à un moment de leur vie, mais ces personnes-là ne sont pas celles qui s’expriment sur les forums.

L’assistante sociale travaille généralement dans des institutions, ou dans des associations financées par l’Etat. De ce fait, l’accompagnement est conditionné par la régularité du séjour ; cela signifie que les personnes doivent être en situation régulière sur le territoire pour accéder aux droits. D’autres aides spécifiques pour les personnes en situation irrégulière existent (pour la santé par exemple avec l’aide médicale d’Etat). Cette condition implique que les personnes en situation irrégulière qui se trouvent majoritairement en situation précaire ne peuvent pas bénéficier des services de l’assistante sociale du droit commun.

Il y a des personnes qui ont le sentiment que l’assistante sociale ne veut pas leur « donner » un appartement, ou des aides financières. Ce sont les deux points pour lesquels les personnes jugent l’assistante sociale inefficace. Il n’y a rien d’étonnant à cela, car l’assistante sociale n’est souvent pas décisionnaire. Nous faisons médiation et nous soutenons les demandes des personnes, mais nous ne sommes pas les décideurs ultimes en matière d’aide financière ou d’attribution de logement. Ce n’est pas l’assistante sociale qui « donne » une aide financière ou un logement, ou un appartement, ce n’est pas elle qui « refuse » non plus. Il y a je crois un amalgame entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous.

En conclusion, l’assistante sociale est à la fois idéalisée et diabolisée, mais il s’agit d’une profession comme une autre. Notre travail est tourné vers l’humain, notre action est normalement guidée par des valeurs de solidarité, d’égalité, de respect de la dignité de la personne. Toutefois, comme dans toutes les professions il y a une variété de personnalités, quoi qu’il en soit le mieux comme dans chaque situation est de se positionner en acteur de sa situation, ne pas confier à l’assistante sociale le sort de votre vie entière en lui demandant de vous apporter absolument toutes les réponses. Disons que c’est un travail d’équipe, l’assistante sociale vient en appui, pour faciliter les choses, et plus vous serez impliqué et mobilisé dans la recherche de solution, plus la relation sera équilibrée, moins l’accompagnement durera longtemps et mieux vous vous sentirez sur le plan de l’estime de soi.

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